Un jour, sans doute par hasard, un type trouve un motif musical
en gratouillant sa guitare ou en tapotant son piano. Il en fait une chanson,
une piece de musique et, parfois il accouche sans le savoir d'un monstre. Un monstre gentil
au départ, comme Casimir, car il lui rapporte beaucoup d'argent et lui assure
spontanément une gloire que personne ne lui avait promise. Parfois, aussi,
le monstre devient vraiment monstrueux et, comme la créature de Frankentein, échappe
à son créateur pour venir hanter desz lieux auxquels, logiquement, il n'aurait jamais dû
avoir accès. L'autre vendredi soir, on fut ainsi saisis d'effroi en entendant
le fils d'Henri Leconte (intellecuel francais et résident suisse de la fin du XX e Siècle)
bramer l'intro "monstre" du Seven Nation Army des White Stripes (photo) tout en s'aspergeant
de confettis en polystiréne. C'etait dans secret story, (emition de télé réalité stupide)
le loft mortifére de TF1, dont la chanson est devenue un hymne. Le lendemain,
Jour de foot, dans quelques vestiaires suants et vociferants d'une victoire de baballe,
rebelote: "tin, titin tin tin tin rrrrtin !"
Depuis que l'équipe d'Italie victorieuse de la coupe du monde s'en est emparée,
n'importe laquelle des victoires, de la L1 au CFA2, copie le modele. Pauvre Jack White,
pauvre de nous, qui pensions tenir là un standard intouchable, un Satisfaction des
années 2OOO, et qui le" voyons, impuissant, se faire viole, souiller, piétiner par
des hordes de débiles, des armées de Panurge, des fils de tennisman
pleurnichard et sarkozyste. Avant tout allais bien, les victimes était consentantes.
Que ce soient We Are the Champions de Queen, Jump de Van Halen,
Go West de Village People ou l'éc½urante sur dose 98 de I will Survive,
on peut dire qu'ils étêtent taillés suffisamment large et vulgaire pour terminer
dans une telle fosse commune.
Un peu comme Les Quartes Saisons de Vivaldi et certaines symphonies de
Mozart, qui ne valent pas mieux que des musiques d'attentes téléphonique ou elles
ont logiquement échoué. Mais dans le cas des White Stripes, franchement, on pouvait
imaginer meilleurs destin que les bals des pompiers, inter villes, les fêtes taurines,
les animations du club med, la tété-réalité et le stade
Vélodrome. Meilleur réceptacle
que l'euphorie de quelques fêtards sordides. A moins que Meg et Jack, sur un futur
album qui pourrait avoir un certain charme suicidaire, ne se remboursent d'une traite en
rereprenant tourner les serviettes de Patrick Sebastien, A la queue leu leu de Bézu
et Tirelipinpon sur le chiuahua de Carlos.
Par Christophe Conte "inrockuptibles"